Impudique Magazine est tout simplement un webzine d’avant-garde érotique littéraire et politique. Il est entièrement libre et indépendant et tenu par une seule personne, Cali Rise.
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Dans OSN, tu laisses la place à la musique et non aux éternelles interviews promo, est-ce que les artistes
acceptent facilement de ne pas faire trop de promo et d’être plus dans leur musique ?
Les artistes invités sont généralement trés excités de pouvoir jouer dans ces conditions (conditions de répétitions, avec un environnement qu’ils connaissent, intime et détendu, sans préssion, à l’opposé d’un plateau télé classique…) et de ne pas avoir systématiquement le même titre à rejouer et encore moins à répondre aux sempiternelles mêmes questions d’interviews!
« One shot not’, n’est pas un émission promotionnelle, elle est une émission pour les musiciens et l’échange, en finalité pour que les téléspéctateurs et les internautes puissent ressentir devant leur écran, la passion, la positivité et le plaisir de chacun d’être présent et de jouer live.
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Voici le site d’ARTE ou vous pourrez voir et revoir l’émission si vous l’avez loupé. C’est dispo sur le web pendant quelques semaine.
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Considéré comme le dernier des grands
explorateurs victoriens, Percy Harrison Fawcett était de ceux qui s'aventuraient dans des contrées inconnues avec pour seules armes
une machette, une boussole et une ferveur quasi mystique. Ce colonel passionné d'aventures avait déjà acquis de son vivant l'étoffe d'un héros : ses expéditions légendaires, suivies par une
presse avide d'exploits, fascinaient le monde entier. Lorsqu'il engage en 1925 une expédition au coeur de l'Amazonie, Fawcett a la certitude
qu'elle renferme un fabuleux royaume, une civilisation raffinée dotée d'une architecture monumentale. Accompagné de son fils Jack et de son ami d'enfance
Raleigh, le colonel s'enfonce dans la forêt. Mais bientôt, l'expédition ne donne plus aucun signe de vie, laissant en suspens le mystère de la cité perdue. Au cours des
soixante-dix années qui ont suivi, des dizaines d'aventuriers sont partis à la recherche de
Fawcett et du chemin qu'il avait emprunté. Sans succès. Fasciné par cette histoire, David
Grann,journaliste new-yorkais, décide en 2004 de se lancer dans son propre voyage, sa propre quête au fond de la forêt amazonienne, sur les traces
de Percy Fawcett. Des préparatifs à l'exploration, en passant par l'étude des
documents inédits, il s'interroge : s'agit-il pour lui de clore le mystère de la disparition de Fawcett ou de confirmer l'existence de Z, la civilisation mythique qui lui
coûta la vie ?
L'idée de mort ne me quitte pas. La douleur est passée sur les corps jusqu'à ce qu'ils ne bougent plus. Ils ont été jeunes, pleins de sang, et maintenant, plus rien n'existe, ni le soleil
dans les yeux d'une femme, ni les odeurs fortes, ni la question juive.
Le journal rapporte qu'un homme s'est donné la mort dans l'après-midi, chez lui, au 52 d'un boulevard. Je m'y rends. Je réfléchis à son geste, ses derniers instants, joie et désespoir
illuminés, jusqu'au rideau de l'acte. Je passe devant des supermarchés, des tables de café sorties sur les trottoirs. J'arrive sur les lieux. Je m'attendais à un crêpe noir, un recueil, quelque
chose, mais non, il n'y a rien. Je guette à l'entrée de l'immeuble. Une mère revient des courses, des poireaux dépassant du cabas. Préparer le repas des vivants. La rixe n'a pas laissé de
trace. Je repars.
Que la mort soit la même d'Oran à Shanghai, il y a différentes manières de s'ébrouer dans le chagrin. À Oran, les femmes crient, se lamentent, puis comptent ceux qui leur restent. En Chine, ce
sont des quartiers entiers frappés de stupeur. À Haïti, une liesse s'improvise pour porter la dépouille à travers les rues. Ici, il ne se passe rien.
"C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise
légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de
lui."
En 1931, Paris accueille l’Exposition coloniale. Une petite fille de dix ans, Ethel, s’y
promène avec son grand-oncle, Samuel Soliman. Ce dernier porte sur l’Exposition un regard d’autant plus ironique que lui-même est originaire de l’île Maurice. Néanmoins, en découvrant le pavillon
de l’Inde, il décide de l’acquérir pour le faire reconstruire sur un terrain qu’il possède : il l’appellera la Maison mauve. Très impressionnée par ce projet, Ethel promet à son grand-oncle
d’en assurer la réalisation après sa mort. En effet, Samuel Soliman est un homme âgé, riche, qui veut faire de la jeune fille son héritière.
Peu de temps après survient un événement capital dans la vie d’Ethel : au collège, elle fait la connaissance de Xénia, fille d’immigrés russes désargentés et hautement cultivés. Dès lors, Ethel devient inséparable de Xénia. Mais leur amitié va peu à peu se déliter à mesure que se précise la montée de l’extrême droite en France et que la situation financière des Soliman se dégrade. Car si le père d’Ethel a réussi à confisquer la fortune du vieil homme, il a fait des placements financiers catastrophiques.
Xénia épouse Daniel Donner, riche mais inculte, tandis qu’Ethel se fiance avec Laurent Feld. Lorsque les hostilités commencent, les Soliman se réfugient à Nice. S’ouvre alors une période très sombre pour Ethel, qui va connaître la faim, la peur et l’humiliation.
En 1945, elle retrouve Laurent. Il lui raconte son engagement dans l’armée canadienne et les atroces scènes de combats contre les Allemands. Puis il évoque un événement encore plus atroce : l’arrestation de sa tante Léonora en 1942 lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et sa mort en déportation. Avant d’émigrer au Canada avec Laurent, Ethel revoit une dernière fois Xénia et comprend que leur amitié est devenue impossible.
Plus tard, au début des années 2000, Ethel se promène sur le parvis de Beaugrenelle où elle songe avec émotion à ce que ces immeubles recouvrent désormais : l’ancien Vel’ d’Hiv’ et son cortège de mauvais souvenirs
« Nullipare » c’est encore le regard porté par la
société sur « l’ahurissant mystère de ne pas avoir d’enfant », sur la victime/coupable de ce mystère. Avec un art consommé de la formule, Jane Sautière pousse encore plus loin la réflexion en
interrogeant les préjugés d’autrui, les petites contradictions qui en résultent au quotidien. Ici, elle rapporte l’épisode du vendeur de poulets rôtis qui lui offre une sucette pour la fête des
Mères, et qu’elle n’ose manger, de peur d’« usurper une condition, un statut ». Là, elle brosse le portrait de tous les enfants qu’elle a « adoptés » en tant qu’éducatrice sans avoir jamais pu
revendiquer le fait d’« être de la famille ». Là enfin, elle remet en question l’« excès de précaution » d’une nature qui s’évertue à préparer le corps féminin à recevoir quelque chose dont il ne
veut pas. Avec pudeur et crudité, l’auteur nous bouscule en nous renvoyant à nos automatismes langagiers et aux représentations qu’ils véhiculent : « Il y a un stéréotype de l’heureux événement
comme il y a un stéréotype de l’infertilité. »
Les sept nouvelles réunies dans ce volume
illustrent, avec une grande diversité de tons et de styles, la durable modernité de Hermann Hesse. Du court texte Le loup, écrit en 1903 et si emblématique du futur auteur du Loup des steppes,
jusqu'au Mendiant de 1948, Hesse approfondit constamment son art et sa pensée. Kafkaïen dans Si la guerre durait encore deux ans (1917), précurseur de l'ironie postmoderniste dans Une ville
touristique au midi (1925), il est surtout dans Les Frères du soleil (1904), L'Homme qui voulait changer le monde (1910) et Robert Aghion (1912), le chroniqueur de l'être marginal, de l'inadapté,
du perpétuel étranger qui ne peut se couler dans le moule trop étriqué que lui propose la société et qui est porteur d'une vision généreuse, sinon spirituelle.
Pour permettre à l'humanité de «savoir d'où elle vient, où elle va et si l'univers a une fin», selon la belle expression de Robert Aymar, le directeur général du Cern (1), les chercheurs vont provoquer, dans cet anneau souterrain de 27 kilomètres de circonférence, situé à la frontière franco-suisse, près de Genève, des collisions frontales entre des particules de matière (protons ou ions de plomb) à des niveaux d'énergie encore jamais atteints. Ces collisions se produiront au cœur de quatre immenses détecteurs (Atlas, Alice, CMS, LHCb) disposés le long de l'anneau.
Les physiciens espèrent ainsi reconstituer, en une fraction de seconde, les conditions qui prévalaient il y a 13,7 milliards d'années juste après le big bang, faire jaillir des particules infinitésimales encore jamais observées, comme le fameux boson de Higgs, traquer l'antimatière ou encore résoudre l'énigme de la mystérieuse matière noire et des particules supersymétriques qu'elle est supposée contenir.
«La qualité du travail accompli par les 7 000 personnes qui ont construit cette formidable machine a permis de mettre en route les huit portions de l'anneau en moins d'une heure. Jamais un accélérateur n'avait démarré en un temps si court !», s'est félicité Robert Aymar qui salue également un «succès pour l'Europe».
«La France, avec près de 500 physiciens, ingénieurs et techniciens du CNRS, du CEA et des universités, et avec 600 millions d'euros investis (soit près de 16 % du financement), figure parmi les plus importants contributeurs du LHC», s'est réjouie, de son côté, la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse.
Dans l'après-midi, un deuxième faisceau a parcouru le même trajet mais en sens inverse. Guidés par des aimants supraconducteurs refroidis avec de l'hélium superfluide à 271,3 °C, grâce au plus grand «congélateur» du monde mis au point par Air Liquide, les faisceaux de protons vont être progressivement accélérés pour atteindre des vitesses hallucinantes, proches de celle de la lumière (300 000 km/s). De quoi parcourir en 10 heures la distance qui sépare la Terre de Pluton ! Dans quelques mois, lorsqu'il fonctionnera à plein régime, 3 000 faisceaux de protons circuleront en continu dans l'anneau, générant un nombre astronomique de collisions et de particules. Les premières découvertes ne sont pas attendues avant 2009, soit un an avant le début de la fermeture du Fermilab, un accélérateur américain cinq fois moins puissant que le LHC mais qui traque lui aussi le «Higgs». La course-poursuite est engagée.
(1) Organisation européenne pour la recherche nucléaire, qui regroupe vingt pays européens. Les États-Unis, la Russie, Israël, l'Inde, le Japon et la Turquie participent en qualité d'«observateurs».
t sur différents continents, en disant à peu près les mêmes choses : Pythagore, Zarathoustra,
Confucius, Lao-tseu, Bouddha, Zacharie, Héraclite.
Années 1940. Dans le train qui le conduit loin
de chez lui, David évoque ses souvenirs d'enfance... Le jeune garçon grandit dans une petite ville du Sud, dans une maison délabrée, juchée sur une colline; Chaque nuit il voit au loin l'immense
bible éclairée de néon surplombant l'église, symbole de la ferveur religieuse des habitants, qui méprisent sa famille. David trouve refuge auprès de sa tante, la douce et ronde Mae. Mais bientôt,
celle-ci part pour Nashville, et le pasteur décide de mettre la mère de David à l'asile.
Post mortem
Le livre 'The Neon Bible' de John Kennedy Toole - écrit alors qu'il n'avait que 16 ans - est adapté à l'écran en 1995 par Terence Davis.
« J’ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure. »
Je suis né dans un tonneau au fond d’un grenier à foin ; la lumière tombait sur mes paupières fermées, en sorte que, les huit premiers jours, tout me parut couleur de rose.
Le huitième, ce fut encore mieux ; je regardai, et vis une grande chute de clarté sur l’ombre noire ; la poussière et les insectes y dansaient. Le foin était chaud et odorant ; les araignées dormaient pendues aux tuile ; les moucherons bourdonnaient ; tout le monde avait l’air heureux ; cela m’enhardit, je voulus toucher la plaque blanche où tourbillonnaient ces petits diamants et qui rejoignait le toit par une colonne d’or. Je roulai comme une boue, j’eus les yeux brûlés, les côtes meurtries ; j’étranglais, et je toussai jusqu’au soir.
II
Mes pattes étant devenues solides, je sortis et fis bientôt amitié avec une oie, bête estimable, car elle avait le ventre tiède ; je me blotissais dessous, et pendant ce temps ses discours philosophiques me formaient. Elle disait que la basse-cour était une république d’alliés ; que le plus industrieux, l’homme, avait été choisi pour chef, et que les chiens, quoique turbulents, étaient nos gardiens. Je pleurais d’attendrissement sous le ventre de ma bonne amie.
Texte en intégrale sur le site textes rares
Le roman détourne habilement le thème de la quête d'identité. Comme étranger aux événements et au monde qui l'entoure, le héros de Joël Egloff se soucie peu de savoir qui il est. Son seul souci, si l'on peut dire, est que les autres se méprennent sur son compte.
Ecrite, tour à tour, avec tendresse, humour, ironie et cynisme, cette variation sur le thème de l'homme sans rien (ni passé, ni mémoire, ni identité, ni qualité...) séduit par son équilibre : alors qu'il serait facile d'en faire des tonnes, Joël Egloff n'épuise pas le ressort comique ; il en exprime plutôt l'essence.
Il y a du Kafka, voire du Camus ici. L'absurde tient une place de choix dans ce roman où l'auteur s'amuse à nous perdre en privant petit à petit son personnage de ses maigres repères. Esclave de son destin, il est ballotté comme un bouchon, et nous avec, jusqu'au rebondissement final. Pas facile de trouver le jeu du je qui est un autre.
La distance des romanciers vis-à-vis de leurs romans est des plus variables. Elle me fait penser à ces laisses rétractiles que tiennent les propriétaires de chiens, quand ils emmènent leurs toutous se promener. Tantôt, ils laissent filer ou dérouler le fil, l'animal s'éloigne, dispose d'un semblant de liberté ou d'autonomie dans ses mouvements. Tantôt ils réenroulent la laisse au contraire, le chien revient aux pieds, aux ordres, il colle à son maître. Eh bien il me semble précisément que Roth, moins que jamais, n'a voulu dérouler la laisse et donner à son dernier roman et à son héros la chance de s'ébrouer longuement. Le sujet était trop grave. Trop personnel. Ou trop universel, comme on voudra.
Un homme. N'importe quel homme. Tous les hommes. Chaque homme. «Everyman», comme l'indique le titre original du livre. Autrement dit, Philip Roth lui-même, sous le masque de son héros, un publicitaire à succès dans une agence new-yorkaise, et qui traque le vieillissement inéluctable de son personnage, les opérations successives qu'il subit, pontages coronariens et autres, la retraite, l'ennui, l'absence d'illusions désormais, les derniers espoirs si désespérément vains et pathétiques pour séduire, lui qu'affolait le moindre jupon, la plus prévisible des secrétaires, la plus aguicheuse des mannequins, et surtout le gâchis de la vie, des mariages ratés et la mort au bout de la route... Voilà! Nous y sommes! La mort en vérité, la mort surtout, qui ouvre ici la route, car tout commence précisément par cette mort, par les obsèques du héros, dans un petit cimetière juif quasiment à l'abandon, quelque part près de Newark, fondé pour son arrière-grand-père paternel...
Bien entendu, Philip Roth prétend avoir écrit une fiction. Il a inventé un personnage et les circonstances de sa vie: la petite bijouterie que tenait son père, la lointaine protection de son
frère aîné, Howie, qui est un brillant financier, les circonstances de ses mariages, de ses divorces, ses deux fils aînés qui le détestent pour avoir abandonné leur mère, sa fille Nancy née d'un
second mariage et qui est la consolation et le réconfort de sa vie... Mais il n'y a rien à faire, c'est bien Philip Roth, directement, qui nous parle ici, répétons-le, Philip Roth qui nous
touche, qui nous émeut, Philip Roth et ses obsessions sexuelles, sa peur du bout de la nuit. «Il était temps de s'inquiéter du néant. L'avenir lointain l'avait rattrapé.»
N'aurait-il pas été plus simple, me direz-vous, que Philip Roth parlât de lui directement, sans masque? Eh bien non, pas du tout! Tel est le privilège du romancier que de nous toucher
davantage par le biais de la fiction. Il ne s'abandonne pas à des idées. Les siennes. Rien de plus commun que des idées! Il ne trafique pas des abstractions sur la vie, la mort, et son sentiment
de l'absurde, que sais-je? Non, il donne vie à un personnage. Autrement dit à des émotions. Et c'est précisément quand il reprend son personnage, quand il diminue peu à peu la longueur de la
laisse qui le rattache à lui qu'il parvient alors à nous bouleverser. La littérature, souvent, n'a pas d'autre mérite. Ou d'autre privilège...
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